Reproduction canine et féline: 3 questions intéressantes que j’ai eues durant mon dernier déplacement

Si vous avez déjà participé à une de mes présentations, vous m’avez certainement entendu dire que j’étais convaincu qu’au lieu de se faire la guerre, éleveurs et vétérinaires étaient faits pour travailler ensemble (et je sais de quoi je parle, rappelez-vous, du temps où je travaillais à l’Ecole Vétérinaire à Paris, plus de 90% de mes clients étaient éleveurs !). Et la semaine dernière, j’ai eu l’opportunité de transmettre ce même message à mes confrères vétérinaires des provinces atlantiques du Canada. 4 jours, 5 présentations (dont 2 durant le congrès de la NBVMA – New Brunswick Veterinary Medical Association, et 1 aux étudiants vétérinaires de l’Atlantic Veterinary College sur l’île du Prince Edouard), et de très intéressantes discussions autour de la reproduction canine et féline. A mon sens, quelque chose d’intéressant à partager avec notre communauté PRO ! Voici donc ci-dessous trois questions que j’ai eues durant ces présentations!  

1/ Doit-on laisser les chiots/chatons téter si la mère souffre d’une mammite?

Les mammites chez la chienne et la chatte sont général d’origine bactérienne. L’augmentation du nombre de bactéries/toxines bactériennes dans le lait peut en effet conduire au développement chez les nouveau-nés de ce qu’on désigne sous le nom de syndrome du lait toxique (signes cliniques généralement observés : abdomens gonflés et douloureux, animaux qui pleurent après la tétée, diarrhée néonatale, perte de poids,…). Nous avons fort heureusement aujourd’hui des traitements très efficaces contre ces mammites – basés principalement sur une antibiothérapie appropriée. Cependant, doit-on systématiquement retirer les petits de la mamelle et les nourrir au biberon, ou les laisser téter quand cette affection a été diagnostiquée ?  Pas facile à mon avis de répondre ici… En effet, comme le traitement administré diffuse généralement bien dans le lait, les chiots/chatons seront en quelque sorte « traités » en même temps et du coup protégés (rappelez-vous cependant que pas tous les antibiotiques ne peuvent être alors utilisés, il est important d’en discuter avec votre vétérinaire en tout premier lieu !). Il y a cependant toujours un risque que les nouveau-nés développent une diarrhée (suite au traitement ou aux bactéries). C’est un risque que personnellement je ne souhaite jamais prendre et je demande généralement dans ce cas aux éleveurs de biberonner les chiots/chatons. Tout en limitant les risques, cela nécessitera cependant de leur part une plus grande implication (beaucoup de travail en perspective en effet, surtout en cas de grosse portée). Ce qu’il est important de retenir est qu’il n’y a aucune approche parfaite, et que les deux options peuvent toujours être considérées. Une seule règle s’applique du coup : parlez-en à votre vétérinaire pour qu’ensemble vous puissiez trouver la solution qui vous convienne le mieux !

2/ Si la chienne/chatte a déjà eu une césarienne, est-ce que cela signifie qu’une césarienne sera à chaque fois nécessaire?

Je pense que l’on fait là souvent un parallèle avec la médecine humaine (une femme qui a eu une césarienne  aura toujours en général par la suite des césariennes). Dans mon expérience cependant, cela n’est pas vrai chez la chienne et la chatte. J’ai eu des cas où nous avons dû pratiquer une césarienne sur l’animal, mais à la portée suivante une mise-bas naturelle a pu avoir lieu. Je pense que le plus important aujourd’hui est d’essayer de repérer à l’avance les facteurs prédisposant l’animal à souffrir de dystocie (=difficultés à mettre bas). Nous avons fait une étude à ce sujet sur la chienne il y a quelques années de ça, vous pouvez y jeter un coup d’œil ci-dessous (en anglais). A nouveau, discutez-en avec votre vétérinaire, s’il y a le moindre doute la meilleure solution reste aujourd’hui la césarienne planifiée !

3/ Qu’en est-il du toucher vaginal chez une chienne gestante pour détecter si le col de l’utérus est ouvert ou non?

C’est là une question que j’ai également souvent. Et là encore, je pense que cela a à faire avec la médecine humaine (parce que c’est ce qu’un obstétricien ferait en médecine humaine, non ?). L’anatomie du vagin est cependant très différente chez la chienne, où le col de l’utérus est situé très loin de l’entrée du vagin… Il est ainsi totalement impossible de palper le col de l’utérus par toucher vaginal chez la chienne. Cela ne peut être fait que par la réalisation d’une endoscopie vaginale (=une petite caméra insérée dans le vagin de la chienne). Cet outil peut être extrêmement intéressant en cas de suspicion d’atonie utérine (=utérus qui ne se contracte pas durant la mise-bas). Si le col est alors grand ouvert, le vétérinaire sait alors que la chienne est prête à mettre bas et peut alors prendre les décisions les plus appropriées pour gérer le cas au mieux. 

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