Pourquoi le concept de chien sans parasite relève du mythe…

La semaine dernière j’étais invité à la convention éleveurs organisée chaque année par nos collègues de Royal Canin Mexico. C’était la troisième fois que je me rendais à Mexico City et comme toujours, ce fut un réel plaisir de prendre part à cet évènement ! J’ai eu l’opportunité de discuter un de nos sujets phare cette année : les parasites en élevage canin. Phare car il est toujours important à mon sens de rappeler que, malheureusement, le concept de chien sans parasite relève plutôt du mythe, en particulier lorsque l’on touche à l’élevage canin. Rassurez-vous ce n’est pas une fatalité, juste une réalité qu’il est nécessaire de bien comprendre pour pouvoir avancer !

Pensez-vous qu’il y ait des parasites digestifs dans votre élevage ? C’est une question que je pose régulièrement à nos éleveurs partenaires. Et je suis toujours surpris de voir ô combien les réponses que j’obtiens sont variées ! Tout revient généralement à cette première perception : « Je n’en vois pas, alors c’est sûr dans mon chenil, il n’y en a pas ! ». Malheureusement cela reste très éloigné de la réalité… Une étude récente a montré que si les infections par les parasites intestinaux étaient généralement visibles dans de très rares occasions (0.6% des chiots de l’étude), des analyses plus approfondies détectaient ces agents pathogènes dans près de 94.3% des cas (étude réalisée en France sur 316 chiots). Ils sont donc à coup sûr parmi nous. Pour les éleveurs canins, il est donc important d’être préparé et de bien comprendre comment ces parasites peuvent, malgré toutes vos précautions, se propager !  

« La relation hôte-parasite n’est un succès évolutif que si chacun est capable de produire une descendance. Un hôte mort est un mauvais hôte. » Cette citation de Darwin nous permet de mieux comprendre pourquoi ces parasites sont si bien installés dans nos chenils. A travers le temps ils ont en effet développé des stratégies très efficaces pour survivre:  

-          Ils peuvent se mettre à l’abri des défenses immunitaires de leur hôte (un phénomène qu’on appelle hypobiose) et attendre un moment plus favorable pour se réactiver et recommencer à se reproduire. Quand ils sont ainsi « cachés », aucun de nos antiparasitaire actuel ne peut malheureusement les atteindre. Ils se réactivent généralement chez les femelles durant les chaleurs/la gestation /la lactation.

-          Leurs oeufs sont très résistants dans l’environnement (les oeufs de Trichuris vulpis peuvent survivre plus de 5 ans!).

-          Les modes de transmission des adultes aux chiots sont variés : via les œufs  dans les selles, mais également par voie transplacentaire et par le lait de la mère.

Fig 1: Comment Toxocara canis (=ascaris) peut se transmettre des adultes aux chiots

On comprend mieux pour le coup que, lorsque l’on est éleveur canin, immanquablement on élève aussi des parasites d’une certaine façon! Les trois les plus fréquemment rencontrés en élevage canin sont Toxocara canis (l’ascaris), Giardia sp et Isospora sp (=coccidies). Le graphe suivant vous donne une idée de la fréquence à laquelle on les retrouve dans l’espèce canine. Du coup, lorsque l’on parle de collectivité canine, ces chiffres frôlent généralement les 100% !

Fig 2: Prévalence des différents parasites digestifs chez le chien

La plupart du temps ces infestations resteront asymptomatiques, en particuliers chez les adultes. Les protocoles de vermifugation que vous utilisez permettent généralement de bien les contrôler. Mais en cas de problème, des diarrhées de toute sorte seront généralement rencontrées, et ce en particulier chez les chiots au sevrage. Ces individus sont en effet les plus sensibles car ils sont généralement sevrés autour de la période du trou immunitaire, en plus du fait que leur système digestif est encore immature). C’est pourquoi tout épisode de diarrhée (en particulier sur les chiots au sevrage) doit être discuté avec votre vétérinaire. Il sera alors capable de définir la meilleure approche diagnostique pour identifier l’agent en cause. Car en effet, connaître ses ennemies reste toujours la meilleure façon de s’en protéger !

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