Doit-on avoir peur des coccidies en élevage canin et félin ? ( Part II )

Notre précédent blog avait ouvert cette série sur la coccidiose en élevage canin et félin (si vous l’avez manqué, pas de panique vous pouvez le retrouver ici ). Abordons aujourd’hui l’aspect clinique de cette maladie. Pourquoi ? D’abord parce que reconnaître des signes cliniques évocateurs d’une maladie est un pré-requis essentiel en chenil ou chatterie. Ensuite, parce qu’il est parfois facile d’être induit en erreur : une bonne connaissance sur le sujet vous aidera à mieux vous prévenir contre un bon nombre d’idées reçues. 

 

#1 A quoi ressemble une coccidiose « classique » chez le chiot et le chaton ? Sans le moindre doute, le signe clinique le plus fréquent est bien évidemment de la diarrhée (qu’on peut caractériser comme « collante » et « caoutchouteuse », voire « mucoïde et verdâtre » ).Il est important de noter que dans la majorité des cas, hormis les signes de diarrhée, l’animal est en parfaite santé.  

 

#2 Malheureusement comme vous l’imaginez, les choses peuvent facilement se compliquer (en particulier chez les races sensibles d’un point de vue digestif). Les autres signes cliniques alors observés incluent douleur abdominale, anorexie et perte de poids. Dans les cas les plus sévères, une diarrhée hémorragique et une anémie peuvent même être observées. 

 

#3 J’entends souvent dire que les infections liées aux coccidies peuvent facilement être diagnostiquées juste en observant le type de selles. Mmm, relisez mon #2 : ce n’est pas toujours vrai. Une diarrhée à coccidies peut parfois être hémorragique et présenter cette très mauvaise odeur que l’on retrouve également sur les diarrhées causées par le parvovirus.

 

#4 Règle d’or en chenil et en chatterie du coup : travailler avec votre vétérinaire pour toujours chercher à avoir un diagnostic de certitude. L’aspect clinique des selles peut certes être évocateur mais cette suspicion doit être impérativement confirmée par des tests diagnostiques. En chenil et en chatterie c’est une priorité car les conséquences d’un traitement inadapté peuvent être catastrophiques.  

 Fig 1 : Différents types de diarrhées, toutes pourraient être causées par des coccidies ! L'apparence des selles ne suffit pas à poser un diagnostique !

 

#5 Gardez à l’esprit que, même si ces cas sont rares, des signes respiratoires et neurologiques peuvent également être rapportés chez certains individus. 

 

#6 Si vous vous vous rappelez notre premier post, nous avions discuté le fait qu’il existe deux sortes de coccidies. Certaines affectent les nouveau-nés, les autres les chiots et chatons au sevrage. Les signes cliniques de coccidiose que nous avons pour le coup décrit sont pour le coup beaucoup plus apparents et plus sévères chez les nouveau-nés.

 

#7 Une autre chose à savoir à mon avis : la présence de coccidies n’est pas systématiquement synonyme de diarrhée. Des ookystes peuvent être trouvés dans les selles de jeunes chiots et chatons totalement asymptomatiques. 

 

#8 En fait, jusqu’à 38% des chiens et 36% des chats sont positifs aux coccidies. Quand on extrapole à l’échelle d’un chenil ou d’une chatterie, on peut pour le coup estimer que ce parasite est retrouvé dans 100% de ces structures.  

 

#9 Saviez-vous de plus que l’on se pose encore des questions sur la signification clinique d’une diarrhée à coccidies ? Il semblerait en effet que les problèmes ne surviennent que quand les coccidies sont associées à d’autres agents pathogènes digestifs, comme les agents de cryptosporidiose, coronavirose, parvovirose ou candidose. Cela renforce l’importance d’obtenir un diagnostique de certitude. 

 

#10 Les chiots et chatons doivent absorber une quantité massive de parasite pour développer des signes cliniques d’infection. Aucun signe clinique n’a été relevé chez des chiots de 6 à 8 semaines qui ont été inoculés avec 130 à 150,000 (!!!) ookystes d’Isospora canis. Chez le chaton de 6 à 13 semaines, très peu de signes cliniques ont été observés dans les mêmes conditions. 

 

#11 Il ne faut jamais négliger l’importance du stress dans le développement de la maladie. Les signes gastro-intestinaux de coccidiose se manifestent en effet souvent quand les chiots et chatons sont transportés, sevrés ou lors de leur arrivée chez leur nouveau propriétaire. 

 

C’est tout pour aujourd’hui mais comme toujours, restez connectés ! Nous publierons bientôt notre Part III, qui sera consacrée aux mesures préventives qui peuvent être mises en place en élevage. 

 

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